Le vin bio, c’est une bonne chose. J’apprécie la démarche, et quand le vin est bon et en plus bio, c’est vraiment la fête. Par contre, les discours enflammés, agressifs, dépourvus de nuances de certains militants me désolent tant ils nuisent à la cause.

1 – Le vin bio n’existe pas. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai, il existe, mais seulement depuis 2012. Précédemment, on parlait de vin à base de raisins issus de l’agriculture biologique, car seule la production de raisins pouvait être certifiée bio. Aujourd’hui, le vin bio provient de vignobles utilisant des produits d’origine naturelle. La dose de sulfite acceptée est diminuée d’un tiers par rapport aux doses admises dans la production conventionnelle.

2 – Un vin bio, des vins bio. Ben oui, le vrai mot, c’est biologique, et ça on peut l’écrire au pluriel, mais l’abréviation bio ne prend pas de s, même au pluriel.

3 – Bio, pas biodynamie ou naturel. Le cahier des charges à respecter pour se revendiquer de la biodynamie est plus exigent que celui du bio. Le vin naturel (ou nature) ne s’est pas doté d’un cahier des charges et proscrit tous les intrants (c’est un mot comique pour dire additifs) et l’utilisation de sulfites.

4 – Il ne suffit pas d’être bio pour être bon. Lorsque l’on  parle de fruits, de légumes, de biscuits, de pain,… en fait de n’importe quel aliment bio, on est d’accord pour dire qu’ils ne sont pas tous délicieux. Et on ose même revendiquer le « chacun ses goûts ». Et bien il en va de même pour le vin. Bio n’est pas synonyme de bon. Bio ne garantit pas votre plaisir gustatif.

5 – Il y a de très bon vins bio. Il y a de très bons vins, nous en avons tous goûté. Et certains de ces vins délicieux sont bio, tant mieux, c’est la cerise sur le gâteau à mes yeux.

6 – Il y a du vin bio correct en grande surface. En grande surface, on trouve beaucoup de choses, et même du vin bio de très haut vol. Car oui, contrairement à ce que ne savent pas les grandes gueules qui hurlent ici et là, on trouve par exemple du Château Pontet-Canet, du Château Grand Corbin Despagne, du Domaine de la Mordorée en grande surface.

7 – Industrie et grande surface sont des injures. Si tu fréquentes les grandes surfaces et y achètes l’unique vin qui y est proposé, du vin industriel évidemment (donc, issu d’une activité organisée de manière précise et sur une grande échelle – est-ce incompatible avec bio ?), tu es un âne méprisable. Zut, nous représentons 80% des consommateurs de vin en Belgique !

8 – Engagement garanti sur les réseaux sociaux. Tu dois animer une page Facebook, un compte Twitter ou Instagram, ton propre blog et tu n’as plus de photo de petits chats sous la main, pas grave, colle les mots « vin » et « bio » ensemble, publie, et je te garantis un taux d’engagement record.

9 – Si tu n’es pas radicalement pour, c’est que tu es contre. C’est bien dommage, mais quand on en parle, le dérapage est presque immédiat lorsque quelques forts en gueule s’en mêlent. Si vous n’êtes pas militant bio 100% convaincu, vous êtes d’office un imbécile inculte qui ne consomme que le vin industriel dégueulasse qui occupe 100% des rayons de la grande distribution.

10 – Vérité vraie et incohérenceComme dans les débats stériles entre les fervents défenseurs de Mac d’un côté et de PC de l’autre, vous rencontrerez des détenteurs de la vérité vraie concernant le vin, le bio, etc… Une seule solution : fuyez !

Je note au passage que si tu es militant 100% bio, tu as évidemment le droit de mépriser et agresser tous les abrutis qui se fournissent en grande surface tout en ajustant les lacets de ta nouvelle paire de Nike.