La société Vivino developpant l’application éponyme dont nous parlions il y a quelques jours annonce une levée de fonds de 25 millions de dollars menée par SCP Neptune International, le fond d’investissement de Christophe Navarre, CEO de LVMH. De cette manière, Vivino se rapproche d’un groupe de vins et spiriteux historique. Ce qui me fait penser au rachat de Naked Wine par Majestic au Royaume Uni.

Ces fonds portent à 37 millions le capital levé par l’entreprise depuis sa création. Cet argent frais devrait permettre à Vivino d’accélérer l’acquisition de nouveaux utilisateurs dans ses marchés phares dont fait partie la Belgique. Aujourd’hui, l’application revendique déjà 13 millions d’utilisateurs et ambitionne de passer le cap des 25 millions d’utilisateurs d’ici la fin 2016.

Peu utile pour le consommateur belge

Comme Snooth, Cork’d, Vinogusto, et d’autres sites web auparavant, les applications pour smartphone du type Vivino, Delectable, Goot, Wineadvisor,… essaient d’aider le consommateur à choisir le bon pour chaque occasion. Les utilisateurs belges qui ont testé Vivino ont pu expérimenter la puissance de la reconnaissance d’étiquettes qui fonctionne plutôt bien. Par contre, le manque de données pertinentes pour le marché belge se fait rapidement ressentir, et pour la majorité des vins, l’application semble incapable de faire plus que nous montrer une étiquette de la bouteille que nous venons de photographier accompagnée d’une éventuelle indication de prix peu fiable ou d’un score donné par un autre utilisateur inconnu. C’est bien léger pour conforter le consommateur dans son acte d’achat, malgré les 25 millions d’utilisateurs revendiqués.

Et bien là l’un des challenge des outils de recommandations de vin basés sur les avis des consommateurs  : la majorité des consommateurs consultent mais ils ne sont que quelques pourcents à partager leurs avis et expériences, même sous la forme d’un score sur une échelle de 5 étoiles. D’autre part, le nombre de vins différents est immense et chaque vin est distribué en très faible quantité par rapport à d’autres biens de consommation. Il est donc très difficile de cumuler suffisament d’avis de consommateurs sur un même produit pour arriver à une recommandation fiable. Et, oui, il faut faire la différence entre deux millésimes d’un même vin, car les produits sont différents d’une récolte à l’autre.

Business Model

J’ai déjà posé la question plusieurs fois à l’équipe de Vivino et je reste à nouveau sur ma faim  : quel est le business model  ? Comment Vivino gagne de l’argent ? Comment ces nouveaux 25 millions de dollars d’investissement vont-ils être rentabilisés  ?

Je vois quelques pistes  : d’une part, une base de données de 25 millions de consommateurs de vin doit pouvoir se monétiser relativement facilement aurpès des retailers online, d’autre part, si Vivino arrive à intégrer des liens vers le applications de vente de vin dans son application, une commission sur les ventes générées pourrait rapidement devenir significative. Mais ce second volet est le business model qui avait été envisagé par les Snooth, Cork’d et Vinogusto début des années 2000 et dont les limites ont été rapidement atteintes. Wait and see, donc  !