Lors de la journée Le Vin 2.0 organisée par Vinternet le 8 décembre, je participerai à la table ronde intitulée « Le blogueur va-t-il détrôner Parker? » avec Sylvain Dadé (Agence Sowine) , Emmanuel Delmas (Sommelier-vins.com), Fabrice Le Glatin (Vin sur vin) et Antonin Iommi-A (Vindicateur). Et je compte bien sur eux pour être à la fois plus convaincants, plus exubérants et plus passionnés que Gary Vaynerchuck 😉

Le blogueur va-t-il détrôner Parker?

Robert Parker, je l’imagine plutôt dans un bon fauteuil confortable que sur un trône. Mais je pense surtout que l’enjeu n’est pas de le détrôner mais bien de comprendre quelles alternatives existent.

Le travail de Robert Parker est remarquable sur 2 plans:

1. Il aide les consommateurs

2. Il contribue à la chaîne de valeur du vin

De manière très schématique, les consommateurs ont suivi les recommandations rassurantes et claires de Robert Parker pour choisir leurs vins, et ils ont acheté avec tant d’enthousiasme que les prix ont grimpé.

Le succès à venir des alternatives au travail de Robert Parker peut en partie être déterminé sur base de ces deux axes.

Aujourd’hui encore, les consommateurs choisissent quelles recommendations ils suivent pour effectuer leurs achats. Mais grâce à Internet, les sources de recommendations disponibles se mutliplient. En plus des guides et magazines papier traditionnels, le consommateur a accès à toute l’information rendue disponible en ligne, entre autre via les blogs.

Contrairement aux médias papier, Internet donne la parole à toute personne qui souhaite publier. Le nombre de source de recommendations sur le vin augmente donc sensiblement, ce qui diminue la place relative accordée aux critiques traditionnels.

Remarquons également que Robert Parker ne s’intéresse pas à tous les vins. Et le même constat s’applique à d’autres guides traditionnels. Il s’ensuit que les expériences de consommateurs ou les blogs sont parfois les seules sources d’informations disponibles concernant des vins et producteurs qui méritent toute l’attention des consommateurs.

De plus, les habitudes changent. Dans le règne du papier, payer pour accéder à l’information semblait normal, alors que dans l’aire digitale, le consommateur considère l’accès à l’information comme un service gratuit (ça se discute, mais c’est comme ça!).  Le premier réflexe pour chercher des recommendations sur le vin, est donc devenu Internet gratuit.

Ranking Alexa des sites payants vs. sites gratuits
(plus le ranking est petit, plus grande est l’audience de votre site, les numéro 1,2 et 3 sont Google, Facebook et Youtube):

Snooth.com – 20.000 (gratuit)
Cellartracker.com – 40.000 (gratuit)
Vinogusto.com – 46.000 (gratuit)
eRobertParker.com – 66.000 (payant)
Hachette-vins.com – 190.000 (payant)
Larvf.com – 520.000 (payant)
Bettanedesseauve.com – 1.500.000 (payant)

Finalement, les nouvelles générations ont tendances à devenir critiques et à accorder de la valeur aux avis de leurs connaissances. Les avis des amis de mes amis sur les produits que j’envisage d’acheter sont sans doute plus fiables que les avis du soit disant expert, qui, d’une façon ou d’une autre, ne peut être vraiment impartial.

L’avenir?

L’avenir, ce n’est plus une source unique d’information, toujours incomplète, mais une combinaison de différents éléments. En tant que consommateur, je n’ai pas besoin d’un guide des vins appréciés par Monsieur X dont je ne sais où me les procurer ni à quel prix.

J’ai besoin d’une aide à l’achat qui combine:
– présentation du vin,
– avis du producteur,
expérience des consommateurs,
– avis des experts (du débutant au confirmé),
– localisation des points de vente et tarifs,
– info accessible via internet mobile et facile à utiliser.

Et là, je disposerai enfin de l’aide dont j’ai besoin pour trouver le bon vin pour chaque occasion.